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RECHERCHE SCIENTIFIQUE
alcool et santé mentale

12/11/2008
DES NOUVELLES CONCERNANT LA CONSOMMATION D'ALCOOL PENDANT LA GROSSESSE

Les femmes qui boivent occasionnellement pendant leur grossesse ne courent aucun risque d'avoir des enfants confrontés à des problèmes comportementaux. C'est la conclusion que le Dr. Kelly de l'University College de Londres tire d'une étude épidémiologique impliquant 12.500 enfants âgés de trois ans, nés d'une maman s'adonnant à une légère consommation d'alcool.

Les spécialistes lancent pourtant un avertissement dans ce sens que cette donnée ne peut pas donner lieu à un faux sentiment de sécurité dans le cadre d'une consommation d'alcool pendant la grossesse.

Le lien entre une consommation excessive d'alcool et la santé de l'enfant est dûment établi. Dans les cas graves, elle peut déboucher sur une fausse-couche ou donner lieu à la naissance d'un enfant mort-né ou encore se traduire par des dommages permanents pour le fœtus. Dans le pire des cas, l'enfant peut naître avec le "syndrome d'alcoolisme fœtal" et souffrir de troubles du développement, tant physiques que mentaux.

Dans le cadre de l'étude menée au sein de l'University College à Londres, les mères ont été interrogées sur leur consommation d'alcool pendant la grossesse, lorsque les bébés avaient atteint l'âge de neuf mois.

La catégorie consommant jusqu'à deux verres par semaines a été considérée comme faisant partie du groupe des buveurs légers, tandis qu'une consommation de trois à six unités réparties sur la semaine ou de trois à cinq unités à une seule occasion donnait lieu à un classement dans le groupe des buveurs modérés. Au-delà de six unités réparties sur la semaine ou de six unités à une seule occasion, les chercheurs parlaient d'une consommation excessive d'alcool. Alors que 63% des mères n'avaient absolument pas consommé d'alcool pendant la grossesse, 29% révélaient une consommation légère, 6% une consommation modérée et 2% une consommation excessive.

Les chercheurs sont revenus à la charge lorsque les enfants ont atteint l'âge de trois ans avec des questions concernant le comportement et les capacités psychiques des enfants. Il ressort des résultats de l'étude que les garçons nés de buveuses légères courent moins de risques de présenter des problèmes comportementaux et souffrent moins fréquemment d'hyperactivité que les enfants de mamans qui n'avaient pas bu une goutte d'alcool, cette différence se situant respectivement à 40 et 30%. Ils ont aussi réalisé de meilleures scores à des tests concernant le vocabulaire et l'identification de couleurs, des formes, des lettres et des chiffres.

Les filles nées de buveuses légères courent 30% de risques en moins d'être confrontées à des problèmes émotionnels en comparaison aux filles de femmes abstinentes. Selon les chercheurs, ce fait pourrait toutefois être imputable à des antécédents familiaux ou sociaux. Toujours selon les chercheurs, les buveuses légères avaient vraisemblablement bénéficié d'une meilleure éducation, étaient issues d'un milieu plus aisé et avaient probablement moins fumé pendant la grossesse que les femmes pratiquant l'abstinence totale.

Le Dr. Kelly a conclu qu'une consommation légère d'alcool pendant la grossesse n'amplifie certainement pas les risques de problèmes comportementaux et cognitifs chez l'enfant. Le principal message reste cependant qu'il est préférable de ne pas boire d'alcool pendant la grossesse, mais qu'un verre occasionnel ne peut faire aucun mal.


International Journal of Epidemiology ; prépublication du 30 octobre 2008

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